Ne fermez plus les yeux !

MAGA ETTORI -FAERYLAND YAVANA - CATHBAD -  NESS

photo – Nicolas Cornu

« Faeryland » est un conte initiatique, moral et anti-spéciste, un film onirique qui traite des relations entre les dieux, les humains et les animaux. Dans un monde où se côtoient des fées, des sirènes, des faunes et autres créatures mythologiques les frontières entre les espèces, les races et les cultures sont abolies pour laisser la place au merveilleux. Entretien pour FUDA avec son auteur, réalisateur et interprète principal Magà Ettori, devenu végétarien lors de la préparation du tournage de Faeryland.

FUDA : Pouvez-vous nous dire un mot de l’action du 25 janvier 2015 au Trocadéro à Paris ?

Dans le cadre du tournage du film Faeryland, nous nous retrouvons – avec les associations partenaires – et tous les sympathisants de la cause animale le samedi 25 janvier 2015 à 13h sur l’esplanade du Trocadéro pour évoquer une action de sensibilisation en faveur de la cause animale. L’action sera filmée pour les besoins de Faeryland au Trocadéro, qui est une action réelle de sensibilisation sur l’ensemble des fondamentaux de la cause animale (expérimentation, abattage, corrida, fourrure, pêche, gavage, maltraitance, …). Il y aura également des saynètes qui seront filmées dans le cadre de la Vegan Place le 24 janvier.

FUDA : Comment est née l’idée du film Faeryland ?

J’ai toujours eu une grande sympathie pour la cause animale. Depuis plus de vingt ans, je dirige l’Institut Citoyen du Cinéma et de l’Audiovisuel, un organisme qui travaille autour des questions de la diversité dans le 7eme art. Le racisme, la xénophobie, l’homophobie, le sexisme sont des aberrations mentales. J’en étais venu à m’intéresser au spécisme et à la condition animale. Dans le cadre de la préparation de Faeryland, j’ai voulu réaliser une véritable investigation pour me rendre compte par moi même. On ne ressort pas indemne d’une telle enquête. Je suis devenu végétarien, et ait éprouvé le besoin en tant que cinéaste d’exprimer mon malaise. Dans un premier temps j’ai imaginé Faeryland, un monde idéal et juste où les animaux, les dieux et les humains vivaient en harmonie. Puis l’envie et la jalousie prirent le dessus, et firent basculer Faeryland dans la guerre, le conflit, la souffrance. Une tragédie dont personne ne sort grandit, qui ne sert qu’un intérêt, celui du plus fort.

FUDA : Un mot sur le spécisme ?

Le spécisme est à l’espèce ce que le racisme et le sexisme sont respectivement à la race et au sexe : une volonté de ne pas prendre en compte les intérêts de certains (souvent les plus faibles) au bénéfice d’autres, en prétextant des différences réelles ou imaginaires. Descartes par exemple affirme que l’animal n’est rien d’autre qu’une machine perfectionnée. Pour Descartes, l’animal n’a ni âme ni raison :  »en dépit des apparences, l’animal n’a pas de pensées. Il réagit automatiquement à des stimulis. C’est une créature intégralement déterminée, qui est conçue sur le modèle d’un système mécanique ». En pratique, le spécisme est l’idéologie qui justifie et impose l’exploitation et l’utilisation des animaux par les humains de manières qui ne seraient pas acceptées si les victimes étaient humaines. Les animaux sont élevés et abattus pour nous fournir de la viande, du cuir de la fourrure ; ils sont assassinés et/ou mutilés pour notre plaisir sportif ou notre divertissement ; ils sont pêchés pour notre consommation ; ils sont utilisés comme modèles biologiques pour nos intérêts scientifiques.

FUDA : Défendez-vous l’idée que la science peut aujourd’hui se passer du modèle animal ?

Bien entendu, j’ai beaucoup échangé avec des scientifiques. Ces pratiques d’autant plus insupportables qu’aucune espèce ne peut servir de modèle biologique fiable pour une autre. Sans entrer dans des débats de spécialistes, on sait qu’aujourd’hui, la peau artificielle ou les cornées produites à partir de cellules humaines peuvent se substituer à l’expérimentation animale. Des scientifiques comme Daniel Krewski de l’Université d’ Ottawa soutiennent que les tests menés sur les animaux exigent trop de temps et d’argent et ne sont pas des plus pertinents puisqu’ils sont effectués sur des animaux plutôt que sur des humains. Le Comité scientifique Pro Anima va dans le même sens. Des arguments peu entendus par les industries pharmaceutiques, de l’agroalimentaire, de l’armement, des transports, et du divertissement. Pour les fournisseurs d’animaux, les transporteurs, fabricants de matériel, de produits alimentaires, laboratoires, fabricants et distributeurs de produits et de médicaments intégrant les substances ainsi testées, le marché de l’expérimentation animale est un enjeu économique majeur.

FUDA : Comment avez-vous mené l’enquête ?

J’ai pris contact avec des associations majeures dans les pays (Chine, Allemagne, Etats-Unis, Finlande, France, Hongrie, Irlande, …). Ils nous ont informé dans un premier temps. Nous avons conclu des partenariats et monté des opérations communes d’investigations et d’informations. Nous avons bénéficié de financements privés et d’un soutien important de l’Institut Citoyen du Cinéma et de l’Audiovisuel.

FUDA : Suite à cette enquête vous êtes devenu végétarien ?

Tout à fait. Je suis assez épicurien, mais quel plaisir peut-on éprouver à consommer des cadavres ? Lorsque j’ai découvert les images des pratiques de l’élevage intensif, j’ai été extrêmement choqué de la manière dont sont traités les animaux. De surcroît, l’utilisation massive des traitements antibiotiques préventifs conduit à une anti-bio résistance inquiétante et à l’inefficacité de ces molécules dont les humains sont les premières victimes. Et enfin la destruction de notre environnement avec les gaz à effet de serre dont le méthane produit par l’élevage intensif et la consommation excessive de viande. La planète interagit dans un équilibre précaire, et l’on sait que si notre empreinte écologique n’est pas réduite en 2050, 30% des espèces animales existantes auront disparues, c’est terrible pour le monde animal mais c’est juste suicidaire pour l’humanité.

FUDA : Vous avez le soutien de Mathieu Ricard ?

Oui Mathieu Ricard (plaidoyer du monde animal) nous soutient, mais pas seulement. Des dizaines de personnalités et des centaines d’anonymes sont acquis à notre cause. Il y a un buzz important sur les réseaux sociaux autour du projet. Nous nous sommes associés avec des associations de premier plan (*), et nous espérons humblement faire avancer la cause animale en mettant en lumière l’incroyable engagement de ces associations et des militants qui les animent.

FUDA : Vous évoquiez un équilibre précaire de la planète ?

Tout à fait, c’est le sujet du film, la recherche de l’équilibre. Je suis très attentif au perfectionnement intellectuel et social de l’humanité. La tolérance mutuelle, le respect des autres et de soi-même, passe bien évidement par le respect des plus faibles, de toutes les espèces, de tous les genres, et de toutes les races.

 

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